| Résumé : |
"(...)Les politiques publiques de soutien à la parentalité ne sont pas épargnées par les logiques individualisantes et sur-responsabilisantes. Oscillant constamment entre accompagnement (en particulier s’il s’agit de parents aisés) et contrôle (en particulier celui des parents précaires), elles peuvent provoquer des malaises chez les intervenant·es psychosociaux·ales, tout comme chez les parents qui craignent le jugement de ces mêmes intervenant·es. En matière de consommation de substances psychoactives, la parentalité et le lien entre les parents et leurs ados sont certes l’une des explications de la probabilité que les enfants développent ou non des conduites addictives. S’arrêter à ce constat reviendrait non seulement à nier la complexité des facteurs influant sur une consommation à risques (par exemple les autres instances de socialisation des jeunes), mais aussi à négliger l’ensemble des ingrédients qui agissent sur le rôle parental. (...) Drogues & Addictions, qui met en lumière l’importance d’interroger les représentations sur les substances, de déconstruire préjugés et stéréotypes, et d’ouvrir le dialogue sur les drogues, aujourd’hui tabou, entre les parents et leurs enfants. Autre élément de taille : les inégalités sociales, qui façonnent et fragilisent le rôle parental. À cet égard, si l’on souhaite prévenir et agir sur les consommations problématiques dans le contexte familial (qu’il s’agisse de celles de parents ou d’adolescent·es), une promotion de la santé émancipatrice, s’adossant aux facteurs de protection des jeunes et des parents, renforçant leur pouvoir d’agir et visant leur bien-être, doit se déployer. Il convient aussi de lutter collectivement pour l’amélioration structurelle des conditions de vie des familles afin de donner aux parents les possibilités réelles d’accomplir leur mission éducative. Du reste, il s’agit de « parvenir à re-responsabiliser les politiques sur la question de la parentalité », comme le recommandait Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des familles en 2024. Car « cette question de la parentalité, elle est à 360 degrés »"[Extraits de l'édito] |