| Résumé : |
"Les parcs publics occupent une place singulière dans l’espace urbain. Pensés comme des lieux de détente, de loisirs et de respiration au sein de la ville, ils sont, par nature, destinés à un usage paisible et sécurisé. À Bruxelles plus encore qu’ailleurs, ces espaces sont massivement fréquentés par des familles, des enfants et des jeunes, qui y trouvent un cadre supposé protégé de la circulation et des dangers inhérents à l’environnement urbain. Pourtant, le 2 juin 2024, dans un parc situé sur les communes de Ganshoren et de Koekelberg, cette vision que nous avions a été brutalement remise en cause. Fabian, âgé de 11 ans, a perdu la vie après avoir été percuté par une voiture de police alors qu’il circulait en trottinette. Ce drame, au-delà de l’émotion légitime qu’il suscite, interroge profondément les modalités de l’intervention policière dans des espaces qui ne sont pas conçus pour accueillir des véhicules motorisés. L’affaire Fabian ne peut être analysée comme un simple accident malheureux ou comme la conséquence d’un comportement individuel isolé. Elle soulève une question juridique fondamentale : dans quelle mesure l’intervention de véhicules de police motorisés dans les parcs publics est-elle compatible avec les principes qui encadrent l’action des autorités publiques en droit belge ? Plus précisément, elle invite à s’interroger sur le respect du principe de proportionnalité, sur la prise en compte de la vulnérabilité des mineurs et sur l’adéquation des moyens policiers utilisés au regard des objectifs poursuivis.L’affaire Fabian constitue ainsi un point d’ancrage concret pour une réflexion juridique plus large sur l’encadrement des pratiques policières dans les parcs publics. Elle invite à examiner les tensions existantes entre les impératifs de maintien de l’ordre et les exigences de protection des personnes, en particulier des mineurs, dans des espaces spécifiquement consacrés aux loisirs et à la sécurité. L’analyse de ce cas permet dès lors de questionner la légitimité et l’adéquation des moyens d’intervention utilisés par la police dans les parcs, et d’ouvrir un débat juridique sur leur compatibilité avec les principes fondamentaux qui gouvernent l’action des autorités publiques."[Extrait de l'article] |